D’un écran à l’autre, le code comme outil de création était l’intitulé de l’atelier intensif que je viens d’animer avec Toan Vu-Huu auprès des 4e année de la section “Image imprimée” de l’Ensad (École nationale supérieure des arts décoratifs). Les objectifs de ces quelques 3 jours furent les suivants:
Initiation à la programmation objet dans l’environnement processing. Constitution d’une collection de logiciels jouables dans l’espace de l’écran de nos ordinateurs et permettant, dans un second temps, l’impression en sérigraphie d’affiches, de documents.
En introduction à son intervention lors du festival Ars Electronica à Linz en 2003 dont la thématique (topic) était Code, Golan Levin citait son professeur John Maeda. Ce dernier qui au sujet de l’utilisation de logiciels édités désignait leur utilisation comme habiter le rêve d’un autre. Dès lors, certains softwares, de part leurs limites liés à leur système d’inscriptions, apparaissent tels des médias de contrôles et de restriction esthétiques étouffant par une large diffusion d’autres outils. Ainsi, Lev Manovitch, effectuant un balayage de ce qu’il convient de nommer les moyens de l’esthétique de la sélection transforme le software, par l’intermédiaire de leur interface graphique, en lieu, en une demeure à parcourir. C’est parce que les agencements sont balisés et cette demeure meublée que les restrictions sont désormais moins liées au hardware qu’au software.
Il s’agissait d’appréhender et de saisir certains aspects de l’écriture du matériau informatique au service de la production et de la manipulation de textes et d’images animés et/ou statiques.
En addition, il leur fut demandé de concevoir une série de 14, affiches/estampes, pouvant fonctionner ensemble et individuellement. La stratégie qu’ils mirent en place, pour lier leurs multiples, consista à prendre un mot de 14 lettres. Est-ce parce que 2012 aidant et faisant la promotion enthousiaste du livre (futur) de Jean-Noël Lafargue “Fins du Monde” qu’ils choisirent le mot A P O C A L Y P T I Q U E. S’en suivit un tirage au sort – analogique – désignant la lettre attribuée à chacun devant être traitée en “animation” puis transposée sur la surface du papier. On peut imaginer la déception de la participante en charge du “I”.
Un poster rendra compte de cette expérience avant cette probable fin du monde, et cette série sera présentée lors de l’événement “Papier Machine 2” lors de la manifestation “Une Saison Graphique“.
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